MATHADORE
    Volume 8 Numéro 28 –  8 juin 2008
L'hebdomadaire gratuit portant sur l'enseignement des mathématiques
 
                  Légende urbaine ou réalité.

Depuis la parution du nouveau programme bien des journalistes et bien des spécialistes ont affirmé que le nouveau programme visait le développement de moins de connaissances, de moins d’habiletés, de moins de savoirs.

Le tableau suivant compare certains savoirs essentiels à atteindre tel que décrit dans le programme de 1980 et de 2000. On a choisi des éléments qui sont des témoins fiables des visées d’ensemble de ces deux programmes. On constatera facilement que le programme de l’année 2000 augmente les exigences. En fait, sauf pour les réseaux, tous les savoirs essentiels du programme de 1980 se retrouvent dans le programme de 2000. 

Le tableau qui suit vous permettra de juger par vous-même en comparant les degrés scolaires où la maîtrise des savoirs listés est prescrite pour chaque programme.


 

Reste à savoir quelle est l’importance à accorder à ces savoirs.

Compte tenu du temps prévu pour l’enseignement des mathématiques, les objectifs qui sont proposés dans le programme apparaissent à ses concepteurs comme un contenu minimum dont il serait difficile de retrancher quoique ce soit.  (1980, page 11).

Éléments prescriptifs du Programme de formation.
- …
- Les savoirs essentiels. (2000, page 10).

En fait, un programme est toujours considéré comme un minimum et il ne saurait être
question de négliger certains de ses éléments. Il ne saurait être question non plus de maîtriser les éléments à 60% ou quelque chose du genre. Un programme énumère toujours une liste d’éléments dont la maîtrise est considérée essentielle. Or maîtriser un savoir à 60% signifie ne pas maîtriser ce savoir.

Bref, le nouveau programme de mathématiques bonifie légèrement celui qui l’a précédé. La vraie question est de savoir s’il est suffisamment exigeant compte tenu du développement cognitif actuel des élèves que nous accueillons au primaire, lequel développement est de toute évidence plus grand que celui des élèves de 1980 qui n’ont pas eu la chance d’être initiés en bas âge à une foule de jouets interactifs et à des appareils domestiques aussi nombreux et sophistiqués.

Une seconde question consiste à savoir si le nouveau programme a tenu compte des découvertes, difficilement discutables, qui, en mathématiques, associent les difficultés d’apprentissage les plus tenaces et les plus nombreuses à certaines séquences et à certaines définitions des programmes.

Robert Lyons
La semaine prochaine : Un bilan général de la Réforme.