MATHADORE
    Volume 8 Numéro 259 – 18 novembre  2007
L'hebdomadaire gratuit portant sur l'enseignement des mathématique

                    Un bulletin… du futur
Il est désormais possible de rédiger des bulletins à la fois sommatifs et diagnostiques, en utilisant les mêmes observations. En effet, les travaux des élèves ne nous renseignent pas seulement sur leur maîtrise du sujet d’études, mais sur le type d’activités où ils se sentent plus ou moins habiles. Considérons d’abord l’aspect sommatif. Comment se manifeste la compétence dans une matière donnée ? Il nous semble que cela se résume à quatre questions au sujet de cette matière.

1. À quoi cela sert-il ? (Compréhension)
2.  Pourquoi cela fonctionne-t-il ? (Raisonnement)
3. Comment le communique-t-on ? (Communication)
4. Quelles habiletés techniques cela exige-t-il ? (Techniques)

Ces questions et les réponses et gestes qui en découlent nous semblent démontrer la compétence d’une personne, quelle que soit la matière ou le domaine. Voilà pour l’aspect sommatif. Afin d’illustrer aussi l’aspect diagnostique, voici trois exemples de bulletins d’élèves fictifs de dix ans.


 

Considérons A préférable à B, B… Le bulletin de l’élève 1 montre que ce sont les aspects analogiques qui sont les plus faibles chez lui. Il s’agit fort probablement d’un élève, dont l’encadrement a été trop serré au point de lui enlever beaucoup trop d’occasions exigeant qu’il considère une situation globalement, qu’il fasse des associations variées, qu’il utilise son imagination. Cet élève préfère habituellement tout ce qui exige seulement de suivre des directives. Il aime ce qui concerne le raisonnement où il doit suivre des règles logiques strictes  et les accomplissements techniques dont les gestes à poser constituent des automatismes qu’il tente de maîtriser.

Par ailleurs, l’élève 2 n’a pas de difficultés de type analogique comme l’élève 1 sauf… en mathématiques. Il s’agit en fait d’un cas fréquent d’élève qui, à cause de perceptions erronées, n’utilise pas ses capacités analogiques en mathématiques. La manifestation la plus fréquente consiste à tenter de résoudre un problème en cherchant le calcul ou le truc à utiliser sans tenter de comprendre le problème. Ces élèves l’expriment clairement : « En maths on cherche le truc, en français on essaie de comprendre de quoi on parle. » Le même texte les conduira à agir différemment selon que ce texte se trouve dans un travail de mathématiques avec des nombres notés au moyen de chiffres ou dans un travail de français dans lequel les nombres sont notés avec des mots.

Le troisième bulletin est typique de l’élève qui gère mal son stress lors de travaux qui demandent une exécution minutée et précise. Cet élève paniquera lorsqu’on lui mentionnera qu’il ne lui reste plus que dix minutes afin de compléter un examen.

On comprendra que toutes les matières scolaires devraient figurer sur le bulletin afin de rendre encore plus évident l’aspect diagnostique. Certes, l’interprétation diagnostique de ce type de bulletin exige des connaissances qui ne sont pas encore très répandues et qui doivent encore beaucoup évoluer. Malgré cela, l’aspect sommatif est facile à noter et à interpréter. De plus, même sans informations, il est habituellement facile de voir dans quelle colonne l’élève semble manifester le plus d’aise ou de difficultés. En connaître les causes, les moyens préventifs ou correctifs est autre chose, mais des lacunes en ces domaines n’enlèvent rien à la valeur informative du bulletin. Mieux encore, ce type de bulletin permet d’identifier des élèves typiques et peut orienter les recherches.

Robert Lyons